Comment PepsiCo tire profit du design thinking ?

Comment PepsiCo tire profit du design thinking ?

Avec Pepsi Spire, sa nouvelle fontaine à boissons numérique, PepsiCo confirme que le thinking design est au cœur de sa stratégie d’entreprise. Un levier judicieux et juteux enclenché depuis 3 ans pour construire ses marques et se projeter résolument vers les « sociétés futures ».

Pepsi Spire, la nouvelle fontaine à boissons numérique de la firme américaine, c’est tout ou rien : on aime ou on n’aime pas. Mais il va falloir s’y habituer ! Cela ne pourra pas être pire que ces espèces d’énormes armoires réfrigérées (ou non) rectangulaires sans âme que sont les distributeurs automatiques. Et pourtant ça a marché : elles font définitivement partie de notre environnement. Alors aucune raison pour que ce nouvel appareil dit « intuitif » ne s’impose pas à son tour et très vite car il offre deux atouts intéressants en termes de consumérisme et de technologie avancée et connectée : il laisse la main libre à chacun de ses utilisateurs en donnant la possibilité de personnaliser sa boisson grâce à un écran tactile qui permet d’une part 500 combinaisons, et d’autre part induit une interaction avec toutes les marques PepsiCo. Plus corporate, tu meurs ! Sans compter son design épuré, ergonomique et même ludique qui en fait un objet super up to date. Un tout qui pourrait le rendre particulièrement et rapidement très performant car en plus de devenir « joli », il préserve l’aspect humain en répondant aux attentes de partage et de créativité des consommateurs et exploite toutes les nouvelles technologies existantes pour créer de la synergie. Une innovation qui fait sens donc projetant dans le même temps PepsiCo comme une entreprise visionnaire tournée déjà vers après-après-demain. Car en effet, cette nouveauté qui n’a rien d’anodin, dépasse la simple création d’une énième machine.


Derrière la cosmétique et l’offre se cache toute une stratégie : celle de la conception design comme moteur au cœur de l’innovation de l’entreprise depuis le marketing et la technique à la R&D et les scientifiques. Et qui découle aussi tout naturellement de la prise en compte de l’impact des réseaux sociaux, du multi canal et des circuits de distribution (on et off line) qui font que les marques doivent être désormais résolument conçues différemment afin de répondre avec efficacité et sens à cette nouvelle culture de l’ère digitale. Et ainsi aider l’entreprise à tenir sa place face à la concurrence et bien sûr continuer à dégager encore plus de résultats. Mais si dans cette bataille, l’engagement et l’expérience des clients sont primordiaux, ceux des 270 000 employés comptent tout autant.

Anticiper les habitudes implémentées et renouvelées sans cesse par l’ère du digital

Une voie audacieuse donc prise avec l’embauche de Mauro Porcini, en 2012, au poste de chief design officer, spécialement créé pour lui. Sa mission : convaincre les équipes et faire que le « thinking design » soit au cœur de toutes les activités, des marques (Pepsico, Doritos, Quacker…) et du business model de la firme pour stimuler l’innovation, mieux comprendre ses consommateurs, anticiper les changements d’habitudes et ainsi développer des expériences cohérentes et significatives. « Le design thinking, mené bien sûr en collaboration avec le marketing et tous les services impliqués dans le processus de l’innovation produit, passe par 3 clés », détaille Mauro Porcini, dans The Drum « l’empathie avec les gens en répondant à ce qui les motive émotionnellement et rationnellement, puis par la capacité à élaborer des prototypes et leur stratégie et enfin par l’écriture de la bonne histoire qui fera que les consommateurs percevront tout le sens et la pertinence de l’innovation qui leur est proposée ». Le design thinking -comme INfluencia s’en est fait l’écho notamment dans la revue Le Design- n’est donc pas un effet de mode, il s’ancre. Et à juste titre, car il permet de repenser pour les 10 ou 15 prochaines années la société et le commerce où il faut être le plus intuitif possible afin d’optimiser le juste équilibre entre l’engagement du consommateur et l’efficacité… sources ne l’oublions jamais de CA!

Author : Florence BERTHIER pour INfluencia