Innovation et écologie : l’Europe mise sur trois futurs leaders

Innovation et écologie : l’Europe mise sur trois futurs leaders

L’Institut européen de technologie a remis mercredi soir à Budapest ses prix annuels. Trois start-up issues des incubateurs de l’UE ont été récompensées pour leur caractère disruptif et le fort impact sociétal de leurs projets.

Ce qu’elles ont en commun, c’est l’Europe, qui les a incubées dans le cadre de ses Communautés de connaissance et innovation (Knowledge and Innovation Communities, Kics). Ainsi qu’un brillant avenir, selon ce que laisse présager leur toute dernière consécration. LEDsafari, Nordic Power Converters et Eolos Floating Lidar Solutions sont les start-up européennes qui ont remporté, mercredi 6 mai à Budapest, les trois prix attribués par l’institut européen de technologie (European Institut of Technology, EIT) à l’occasion de son forum annuel, Innoveit. Pour le jury qui les a choisis, elles ont chacune le potentiel non seulement de révolutionner leur marché respectif, mais aussi d’inspirer une nouvelle génération d’entrepreneurs européens.

Le do it yourself au service du climat

Govinda Upadhyay, cofondateur de LEDsafari, n’a eu cesse de le répéter: son objectif n’est pas de vendre ses lampes par millions, mais plutôt d’atteindre des millions d’esprits. Et c’est sans doute son engagement, ainsi que l’originalité de son modèle économique, qui ont séduit le jury. Il lui a décerné le prix destiné à un(e) diplômé(e) des programmes de formation issus de l’EIT, le Change Award. L’entrepreneur a conçu un kit permettant à quiconque, indépendamment de son niveau de connaissances technologiques, de fabriquer une lampe solaire avec le matériel de récupération disponible ou qui l’inspire. Cela peut aller de la canette à la bouteille en plastique.

Il s’agit en premier lieu de permettre aux habitants des villages les plus reculés de la planète, privés d’énergie électrique, de substituer aux polluantes lampes à kérosène un moyen d’éclairage plus écologique. Mais pour le jeune entrepreneur, la force de son projet réside surtout dans l’acculturation qu’il véhicule, puisqu’en apprenant à construire ces lampes, on comprend comment fonctionne l’énergie solaire. Le kit s’accompagne en effet d’une formation que Govinda Upadhyay compte dispenser dans les écoles du monde entier. « Avant 2020, nous espérons former 25.000 lycéens », déclare-t-il.

Des transformateurs plus petits

Tout un chacun peut le constater: alors que la miniaturisation investit tous les objets, la taille des chargeurs d’appareil électroniques, dont nous nous servons pourtant au quotidien, n’a pas significativement diminué pendant les dernières décennies. La raison ? « En 30 ans, la technologie de construction des transformateurs électriques n’a pas significativement évolué », explique Regnar Paaske, cofondateur de Nordic Power Converters (NPC), qui vient de remporter le Venture Award de l’EIT, dédié aux start-up issues des Kics.

Avec son partenaire, Mickey Madsen, il a réussi à mettre au point un produit jusqu’à 5 fois plus petit que les transformateurs sur le marché, et pourtant doté d’une durée de vie 2 à 5 fois plus longue. De quoi alléger un autre tracas quotidien – ainsi qu’une importante source de pollution – puisque plus de 50% des lampes LED arrêtent de fonctionner à cause d’une panne du transformateur. La start-up NPC est ainsi confiante: ses produits, qui seront lancés sur le marché dès 2015, ont tous les atouts pour devenir le nouveau standard du secteur.

Faciliter l’installation d’éoliennes au large des mers

Les coûts qu’implique la mesure de la force du vent au large des mers – et donc le potentiel d’installation d’éoliennes – découragent le développement de cette énergie renouvelable, et ce malgré ses nombreux avantages. C’est à partir de ce constat préoccupant que Rajai Aghabi, cofondateur de Eolos Floating Lidar Solutions, a conçu sa start-up, qui a décroché le prix accordé aux projets d’équipe issue des Kics (l’Innovators Award).

Des plateformes pour mesurer de la force du vent, tel est le système mis au point. Non fixes, mais flottantes, elles regroupent deux qualités: une longue résistance -elles ne nécessitent pas de maintenance- et un poids léger. Un ensemble de caractéristiques qui permettra de réduire les coûts des projets d’éoliennes, assure Rajai Aghabi.

La complexité du projet a exigé divers partenariats afin de réunir toutes les compétences nécessaires. Et c’est justement cette interdisciplinarité, ainsi que la caractère disruptif du projet, qui ont séduit le jury. Si un prototype a déjà été installé à 70 km des côtes hollandaises satisfait, le produit final sera commercialisé dès le mois d’octobre.

Author : Giulietta Gamberini, à Budapest, pour La Tribune