La France devient-elle une nouvelle « start-up nation » ?

La France devient-elle une nouvelle « start-up nation » ?

La France serait-elle en train de devenir une « Start-up nation » ? Cette petite musique se fait de plus en plus entendre, comme un contrefeu encore bien fragile face à la déferlante des discours alarmistes sur notre déconfiture industrielle.

Les signaux faibles sont toujours difficiles à étayer. Une start-up, c’est beaucoup de potentiel mais très peu de chiffre d’affaire et d’emploi au démarrage. On ne détecte pas ce type de fourmillement avec nos indicateurs usuels.
A l’appui de cette thèse qu’y a-t-il ?


D’abord, il faut bien le dire, une entreprise de communication, visant à mobiliser les acteurs, à les fédérer, à leur donner plus de visibilité. Pas seulement au nom de la méthode Coué, mais aussi parce que ce type d’économie fonctionne sur le mode collaboratif. C’est son essence. Elle se conçoit en éco-système.

Avec la data pour gisement et une multitude d’applications que leurs concepteurs développent en interaction avec les autres. L’innovation ne disqualifie pas les autres. Elle crée au contraire des opportunités sur un mode cumulatif. C’est bien le sens qu’il faut donner au label French tech. Qui est plus qu’un logo promotionnel. Favoriser l’agglomération en renforçant la dimension communautaire de ce tissu. Chasser en meute à l’étranger.
Créer de la réputation, pour favoriser la levée de fond

C’est précisément le but atteint par la récente démonstration de force réussie des start-up françaises au Consumer Electronics show de Las Vegas.

C’est bien le sens qu’il faut donner aussi aux déclarations fracassantes du directeur de la BPI, Nicolas Dufourq lorsqu’il affirme que la France devient une véritable start-up nation. Il véhicule ainsi bien plus qu’un discours promotionnel. Le patron de la BPI n’est pas le seul à percevoir de multiples signaux au plan micro.

D’abord la nouvelle appétence des jeunes sorties d’école pour tenter l’aventure start up  et se frotter au mythe Steve Jobs. Ensuite, le fait que dès que l’on s’accorde sur une définition ouverte de l’innovation, pas seulement technologique, les financeurs perçoivent une véritable effervescence de projets. Le classement Deloitte que je cite souvent est là pour l’étayer. La France, premier pays d’Europe des start-up à forte croissance. Le cabinet Deloitte atteste d’un vivier particulièrement actif.
1/5 des 500 première pépites Européennes sont françaises

Au classement des 500 premières pépites Européennes, il dénombre près de 90 start-up françaises depuis 3 ans, loin devant le Royaume-Uni et très loin devant l’Allemagne. Mais l’on cherche avec peine d’autres signaux. Les statistiques de l’INSEE des créations ne nous disent rien sur cette catégorie des jeunes pousses à fort potentiel.  Elle identifie bien le secteur de l’information et de la communication…. Mais aucune tendance ne se dessine attestant d’un changement de régime.

C’est peut-être du côté capital investissement que l’on décèle finalement le plus de choses. Je ne parle pas des données agrégées d’investissement qui portent les stigmates de la crise. Surtout du fait de la chute du capital transmission, et des gros LBO. Mais lorsque l’on ressert l’analyse sur le financement de l’amorçage et du développement, alors oui. Il se passe sûrement quelque chose…

Il est prématuré de parler de tendance. Mais on n’en est pas loin. On ne pourra parler de start up nation néanmoins que lorsque ces pépites auront véritablement démontré leur capacité à grandir et à s’engager dans des stratégies mondiales.

Olivier Passet, Xerfi

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