L’ECAL passe le Design Festival de Londres chez Victoria

L’ECAL passe le Design Festival de Londres chez Victoria

L’école lausannoise et ses étudiants sont invités au prestigieux Victoria and Albert Museum.

Dès demain, à Londres, c’est la Design Week. Lancé il y a douze ans, l’événement qui transforme la City en festival du style prend de plus en plus d’importance sur la carte des manifestations internationales consacrées au design. Cette année, nouveauté: le raout de l’objet contemporain accueille une exposition des travaux des étudiants du Master of Advanced Studies in Design for Luxury and Craftsmanship de l’ECAL. La présentation se déroule au prestigieux Victoria and Albert Museum (V&A) en parallèle à son accrochage autour de l’industrie du bling: What is Luxury ?

Lequel V&A avait déjà acquis des pièces de l’ECAL pour ses collections l’année dernière. «Ils nous ont contactés pour venir présenter les projets de nos étudiants pendant une semaine. Les pièces ne sont pas toutes nouvelles, mais n’ont jamais été exposées à Londres. Surtout au V&A, qui reste l’une des références majeures en matière de conservatoire dédié au design», précise Nicolas Le Moigne, designer et responsable de ce Master à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne. «Pour nous, l’occasion était aussi de présenter notre savoir-faire basé davantage sur la pratique et la mise en valeur de l’artisanat que sur la théorie et de montrer les partenariats que l’école noue depuis longtemps avec de grandes maisons.»

Un vase chez Obama

Des marques comme Vacheron Constantin, Baccarat ou encore Christofle suivent, pour certaines, le programme de ce master en luxe depuis le début. «Du premier, nous montrons le projet basé sur le thème des quatre saisons que nous avons exposés à la foire de Milan en avril, reprend Nicolas Le Moigne. Il y aura aussi les contenants en pierre et en argent développés avec le second; deux lampes et un vase produit, et désormais commercialisé, pour Baccarat.» Conçu par Aurélie Mathieu et Philippe Karrer et inspiré par le design du groupe Memphis, un exemplaire de cet épatant objet monumental en cristal baptisé «Bricks» se trouverait même à la Maison-Blanche. «L’histoire veut en effet que lorsque Barack Obama a visité la manufacture en 2014, il soit reparti avec ce vase dans ses bagages.»

Une partie de la présentation est également consacrée aux projets libres des étudiants. Libres, mais toujours haut de gamme. Comme cette paire de raquettes de ping-pong en cuir. Et les montres Skull de Fiona Krüger. «Elle a développé ce projet à l’ECAL il y a quatre ans, à une époque où le motif du crâne n’avait pas pris autant d’importance que maintenant. Elle est ensuite partie faire la tournée des fabricants de composants et des détaillants. Depuis, cette ancienne étudiante se consacre exclusivement à sa production.»

Boom asiatique

Pour dire aussi qu’avec pas mal de motivation et beaucoup de débrouille, le master peut donc lancer des carrières. Une formation post-grade qui, par ailleurs, observe un boom de ses étudiants venus d’Asie. «Jusqu’à présent, on en inscrivait un, peut-être deux, chaque année. En 2015, les portfolios que nous avons reçus de Corée, du Japon et de Chine étaient extrêmement bons. Ce qui veut dire aussi que les Asiatiques, qui excellent dans la 3D, atteignent un nouveau niveau de qualité. Dans la volée actuelle, ils sont 8 étudiants d’Extrême-Orient sur 17 participants. Quasi la moitié.»

«Dialogue in Design & Craftsmanship» , du 18 au 27 septembre 2015, Victoria and Albert Museum, Londres, www.vam.ac.uk

Author : Emmanuel GRANDJEAN pour Le Temps

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Vignette de l’article : Le prestigieux Victoria and Albert Museum , où doit se dérouler la présentation et l’accrochage autour de l’industrie du bling: What is Luxury ? Crédits photo Agence Reuters