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Les objets connectés ont une dimension sociale [extrait d’article]

Et si de simples gadgets devenaient un espoir de changement ? Et s’ils avaient le pouvoir de bouleverser notre quotidien ? De le rendre ludique, malin et surtout plus solidaire ? Questions à Vivien Guyot, co-fondateur de webdesobjets.fr.

Aujourd’hui 9 Français sur 10 connaissent les objets connectés et sont capables d’en citer au moins deux. Qu’ils soient liés à l’habitat, au bien-être ou à la santé, à nous de leur trouver un usage différent, utile socialement ou du point de vue de l’écologie. Car ils arrivent ! Avec 11 millions d’utilisateurs, rien qu’en France, d’ici à 2017. Gageons que l’Internet des objets soit l’Internet du futur : à visage plus humain.

Qu’est-ce qu’un objet connecté ?

C’est un objet du quotidien, relié à Internet, qui peut se piloter ou enregistrer des données à distance. Il capte des événements liés à notre environnement ou à notre activité. Par exemple, les informations peuvent transiter par un smartphone via une connexion bluetooth ou une application-compagnon, jusque sur le cloud. Donc sur Internet. L’objet n’a aucune intelligence, il est simplement connecté.

Mais il y en a de plus sophistiqués…

Oui, je distingue deux autres catégories. Il y a ce que j’appelle les « objets intelligents » : là il y a une couche d’algorithmes, de complexité, mais elle est invisible pour l’utilisateur. Prenons un bracelet connecté. Il calcule l’activité physique d’un sportif et l’application (la partie intelligente) va être en mesure de proposer des recommandations santé. Elle donne un feedback qui apporte une analyse. Les « objets dynamiques » quant à eux, sont de plus en plus nombreux. Ce sont des objets intelligents qui parlent entre eux. Cela leur permet d’adapter leurs comportements et d’évoluer.

Avez-vous un exemple ?

On peut imaginer une maison connectée : une station Netatmo, pour mesurer la météo locale, et un système de volets roulants Somfy. Si des risques de grêle ou de forts orages sont captés, la station pourrait demander aux volets de se fermer. Et ainsi, éviter les dégâts. Dans le futur, on s’attend à des scénarios plus complexes, avec plusieurs objets. On est déjà passé de l’internet of things à l’internet of everything. Tous les objets vont se parler entre eux, il y aura des interactions.

Cela a l’air relativement compliqué, ces technologies sont-elles à portée de tous ?

Oui je pense, car l’usage d’un objet connecté basique est très accessible. La connexion bluetooth est une technologie assez mature, économe en énergie, qui est installée dans les usages. Le fait de connecter son objet en bluetooth avec son smartphone est très simple, tout comme télécharger une application sur le store. Je peux aisément allumer la lumière chez moi en étant à l’autre bout du monde ou programmer un capteur tous les jours à midi, pour qu’il me donne la température.

On croirait presque qu’ils sont vivants !

On s’approche en tout cas, d’une autonomie d’énergie. Mais tout dépend des typologies d’objets. Certains, plutôt basiques, ont une indépendance d’une semaine ; d’autres fabricants choisissent d’intégrer des piles qu’il suffit de changer tous les 3-4 mois. Quand il y a une interface directe sur l’objet, il consomme énormément d’énergie. On le voit notamment avec les smartwatchs, ces montres intelligentes avec écran tactile, rétroéclairage, capteurs pour mesurer des mouvements ou la fréquence cardiaque, etc. Plus on rajoute des éléments, plus on va le solliciter et interagir avec lui, donc ce sera compliqué d’avoir quelque chose d’autonome…

Author : Emilie DRUGEON pour http://www.up-inspirer.fr/

Vignette de l’article : Portrait de Vivien GUYOT, co-fondateur de webdesobjets.fr