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** Comment Ford a conçu son nouveau SUV Puma en mode « design thinking »

Thomas Morel, responsable du design extérieur des véhicules Ford, explique à L’Usine Nouvelle quelles nouvelles méthodes de conception ont été mises en œuvre pour le dessin du Puma, le nouveau SUV destiné au marché européen, commercialisé en février 2020.

 

Face au déluge de SUV qui déboulent sur le marché, comment se démarquer ? C’est avec cette question en tête que les équipes design de Ford Europe, basées à Munich (Allemagne), ont entamé le développement du nouveau modèle de crossover compact destiné au marché européen, le Puma. Thomas Morel, un Français passé par Mitsubishi qui occupe le poste de responsable du design extérieur au sein du constructeur américain, explique comment le modèle, qui arrive en concessions en février 2020, a été conçu.

 

  … Ceci est un article de Sylvain ARNULF pour L’Usine Nouvelle

 

Une compétition de design mondiale

Ford dispose de huit centres de design à travers le monde : un à Munich (Allemagne), deux en Grande-Bretagne, deux aux Etats-Unis, un en Australie, un en Chine, un au Brésil. A chaque lancement de nouveau modèle, chacun est invité à élaborer une proposition de style. Celui de Munich, au siège européen de Ford, est naturellement plus orienté vers les véhicules de petit gabarit, très prisés sur le vieux Continent. « Pour la Fiesta, nous avons été retenus à l’issue d’une compétition mondiale, car notre sensibilité est en accord avec nos marchés », explique Thomas Morel. La proposition munichoise a également été retenue pour la Puma, sorte de grand frère de la Fiesta.

« Sortir du lot »

Le segment des SUV est « très compétitif », rappelle Thomas Morel. « Dès le début, on a voulu trouver des idées nouvelles pour sortir du lot ». D’où l’idée de changer de méthode. Les représentants des différents services du centre de Munich (ventes, design, marketing, ingénierie…) se sont enfermés dans une même pièce, durant plusieurs jours, pour « brainstormer en groupe » et casser le traditionnel fonctionnement en silos. Les outils numériques (le centre dispose d’une spectaculaire salle de rétro-projection baptisée « power wall ») comme les bons vieux autocollants papiers ont été mis à contribution.

L’approche n’a rien de nouveau dans les start-up, mais elle est relativement inédite chez un constructeur auto, habitué à des processus plus lourds et de longues navettes entre services.

Design audacieux, idées ingénieuses

Dès les premiers échanges, une évidence s’impose : ce véhicule doit d’abord se singulariser par son design. « On voulait un style très fort, très séduisant, pour ne pas créer un véhicule à connotation utilitaire, mais plutôt sportif », décrit Thomas Morel. Cela a nécessité de modifier la plate-forme de base, issue de la Fiesta, pour éviter d’altérer les proportions du dessin original et ne pas faire de compromis entre style extérieur et habitabilité intérieure. « Au design, on a donc demandé un package du véhicule modifié par rapport à la base Fiesta, avec des voies élargies, un empattement plus long, des passages de roues plus larges… Au lieu d’avoir un combat entre le design et l’ingénierie sur ces points, nous nous sommes nourris mutuellement ».

Des temps de développement réduits

Comme tous les constructeurs, Ford cherche à raccourcir les temps de développement, afin d’être toujours plus réactif sur un marché en perpétuelle mutation. « Nos process sont en constante évolution pour être le plus compétitif possible, confirme Thomas Morel. Les outils numériques nous permettent d’aller plus vite ».

Illustration : les designers de Ford à Munich ont mis au point une technique permettant de donner facilement un effet 3D à un dessin crayonné en 2D. « Cela nous sert à avoir une vraie perception des volumes de l’intérieur d’un véhicule. C’est comme si l’on pouvait s’asseoir dans le dessin, alors même que ce n’est que de la 2D posée sur un objet 3D. Le dessinateur peut ainsi avoir une perception 3D quasi-immédiate ». Y compris en réalité virtuelle.

Une approche qui fait école

Chez Ford, désormais tous les projets seront abordés avec cette approche dite de « design thinking », ce que le constructeur nomme le « Human centric design ». « C’est primordial pour trouver des solutions innovantes aux challenges du futur : nouvelles plates-formes, nouvelles motorisations »… juge le designer français.

 

 

Vignette de l’article : Thomas Morel, responsable du design extérieur de Ford, devant sa table à dessin. © Ford

 

Cet article a été sélectionné par designer.s dans le cadre de sa veille éditoriale et intégré à sa revue de presse européenne francophone !

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