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Deux designers sur scène pour une rencontre sur l’art de créer avec tout ce qui se recycle

La conférence de François Azambourg et Vincent Baïlou organisée par le Pôle régional de Design est la première d’une longue série ouverte au grand public.

En ouverture d’un workshop organisé par les équipes pédagogiques de BTS Design d’Espace et Design de Produit qu’a eu lieu la conférence de François Azambourg et Vincent Baïlou.

Les deux designers ont une relation professionnelle privilégiée qui remonte à l’époque où Vincent suivait les cours de François Azambourg à l’école Boulle. Depuis, au croisement de leur culture de l’environnement, de leur créativité et de leur imaginaire, les deux designers se retrouvent sur quelques projets décoiffants, comme le trône africain.

Le continent recyclable

Si François Azambourg est particulièrement à l’aise dans l’expression orale devant un public aussi nombreux, Vincent Baïlou ne cache pas sa timidité et prend un peu de temps pour expliquer son parcours et sa production illustrés de photos.

Qu’importe, il sait dire avec tellement de modestie, toujours souriant, comment il s’est nourri de l’artisanat africain, du savoir faire ancestral et de l’art de la débrouille, le recyclage permanent pour exprimer à la fois sa personnalité d’artiste et le témoignage d’un lieu, d’une époque et de son quotidien.

Il met en valeur aussi bien les matériaux nobles comme les essences de bois, la terre cuite que les rebuts de l’industrialisation, les gestes de l’artisanat local, tissage, tricotage et le recyclage de pneus, de bidons, du fil de fer ou de nylon et autres grains de notre civilisation plastique.

Sa créativité est celle du designer : elle sert l’utile et l’agréable, l’usage et la beauté.

Ses gestes créatifs

Il en fait des mobiliers, un escalier en colimaçon, des lieux individuels de travail dans des espaces collectifs, sa créativité forme aussi des artisans et de jeunes designers locaux.

François Azambourg le rejoint dans cette dimension à la fois culturelle et sociale du designer. Lui, le technicien qui se rapprocha de l’esthétique industrielle parce qu’il était artiste d’abord. Comme la musique, le design est un langage. Il évoque ses premières idées en manipulant de la fibre optique, et cette recherche permanente de la légèreté, une partition pour une symphonie de la lumière. Il y a dans le tissage, le tricotage et le tressage des gestes d’instrumentistes, il parle du geste créatif qu’il veut dédramatiser, comme on fait ses gammes avant d’improviser et s’adressant à son public de designers en devenir : « la question à vous poser, quand le temps a fait son œuvre, c’est comment garder de l’enthousiasme tout en travaillant, il faut inventer des méthodologies… ».

Un projet pour l’Afrique

Les échanges avec la salle ont développé et enrichi leurs propos. Cette conférence ouvrait la deuxième séquence d’un atelier qui doit aboutir à la création de station de rechargement électrique pour un village de brousse. La trêve de Noël aura permis aux trinômes étudiants de finaliser leurs projets et de les présenter lors de la soutenance prévue la semaine prochaine.

Source : http://www.lepopulaire.fr/

Vignette de l’article : Vincent Baïlou et François Azambourg ont présenté leur parcours de designer. © Bessuges Hélène