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*** Innovation : il teste l’agriculture de haute précision

Soutenu par la chambre d’agriculture de la Somme, cet agriculteur de 68 ans est volontaire pour expérimenter les robots ou encore les drones dans ses champs.

Tout, ou presque, repose sur la station météo autonome qui, à quelques mètres de la ferme, enregistre et analyse l’état du ciel et des nuages. Reliée à un ensemble d’outils d’aide à la décision, elle permet à Jean-Marie Deleau d’évaluer sur son exploitation, installée à Aizecourt-le-Haut (Somme), au cœur des Hauts-de-France, l’état sanitaire des cultures et d’être averti par exemple d’un possible développement du mildiou sur les pommes de terre ou d’une maladie du feuillage sur les blés.

Ingénieur agronome de formation, cet agriculteur a toujours innové sur ses terres : «J’aime mettre en place des expérimentations et essayer d’optimiser mes pratiques agricoles», dit cet agriculteur de 68 ans, qui a donc accepté de transformer 25 ha de son exploitation (340 ha au total en betteraves, blé tendre ou orge) en ferme agroécologique 3.0. Sur ses parcelles, accompagné par l’association Agro-Transfert-Ressources et Territoires créée à l’initiative du conseil régional de Picardie, de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et des chambres d’agriculture de Picardie, il teste différentes méthodes : biostimulants, travail du sol simplifié, robots, pulvérisation bas volume, double culture.

Ce modèle pourrait bientôt être étendu

Lorsque les cultures grandissent, un drone, appartenant à la chambre d’agriculture, survole les champs afin de détecter là où il manque de l’azote.

Une carte de préconisation d’apport azoté est ensuite transférée à l’exploitant en moins de deux jours ; elle peut être téléchargée dans le GPS du tracteur qui commande l’épandeur à engrais et apportera «la juste dose d’azote préconisée afin de ne pas polluer la nappe phréatique», précise Matthieu Preudhomme, ingénieur conseil responsable du projet Ferme 3.0 à la chambre d’agriculture. Pour ce scientifique, c’est une chance de pouvoir tester en grandeur nature ces innovations, même s’il faut faire attention puisque la ferme de Jean-Marie Deleau est bel et bien une entreprise qui fait vivre quatre salariés. Pas question de mettre inconsidérément les cultures en danger ou de faire abstraction des comptes de l’exploitation.

Bientôt un robot de désherbage

En dehors des investissements apportés par la chambre d’agriculture — mise à disposition des outils d’aide à la décision, ingénierie, etc. —, plusieurs acquisitions ont été réalisées sur la ferme : la fameuse station météo autonome, l’aménagement du local de stockage des produits phytosanitaires, l’équipement GPS des tracteurs, le distributeur d’engrais pouvant moduler les doses… Mais si les innovations technologiques coûtent cher au départ, elles permettent souvent de faire des économies par la suite.

«En 2015, les outils d’aide à la décision nous ont permis de réduire de 25 euros par hectare les dépenses de fongicides sur les blés. Les rendements ont été très bons avec un impact moindre sur l’environnement !», se félicite Jean-Marie Deleau, qui testera cette année un robot de désherbage sur des betteraves, des flageolets et des pommes de terre. D’ici quatre à cinq ans, le modèle pourrait être dupliqué à d’autres exploitations comme celle-ci. En attendant, la chambre d’agriculture de la Somme recherche une ferme d’élevage candidate pour expérimenter les nouvelles technologies.

Auteure : Isabelle Boidanghein pour http://www.leparisien.fr

Vignette de l’article : Aizecourt-le-Haut (Somme), le 13 février. Jean-Marie Deleau a transformé 25 ha de son exploitation en ferme agroécologique 3.0, où de nombreux outils technologiques l’aident à améliorer ses cultures.LP/ISABELLE BOIDANGHEIN

Pertinence et intérêt de l’article selon designer.s !

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