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*** Intelligence artificielle : les Français commencent à lui faire confiance

Un Français sur trois pense qu’une technologie intelligente prendrait de meilleures décisions que nos élus gouvernementaux. Un sondage d’OpenText donne à réfléchir alors que l’IA bouleverse déjà le marketing.

Au centre de toutes les attentions pour ses usages globaux et sectoriels lors du CES 2017, l’intelligence artificielle fomente sa révolution anxiogène. D’un côté, alors que les études annoncent des millions de pertes d’emploi par la robotique -45% du travail fait par des hommes et des femmes pourrait être accompli par la technologie déjà existante selon McKinsey- les tenants de la destruction créatrice de Schumpeter prédisent l’avènement d’un Homme augmenté par la robotique collaborative. De l’autre, le psychologue comportementaliste, Howard Gardner, démontre que ses neufs intelligences donnent à l’Homme des ressources uniques, comme par exemple les émotions, pendant que l’IA réinvente un marketing en plein fantasme de l’omniscience. Mais sommes-nous -consommateurs et citoyens français- vraiment prêts à faire confiance aux machines autant qu’à un être humain ? Les résultats d’un sondage commandité par OpenText interpellent.

Réalisée via Google Forms auprès de 2000 concitoyens adultes, l’étude, publiée par le spécialiste canadien de la gestion de documents numériques et de données, étale quelques confidences qui feront réfléchir tous les acteurs économiques, technologiques et politiques de la transformation. En ces temps électoraux, nos élus seront ravis d’apprendre que 3 Français sur 10 estiment qu’une machine pourrait faire une meilleure analyse de la situation et des données qu’un dirigeant au gouvernement. Pour 30% des sondés, l’intégration de technologies intelligentes au sein de l’administration permettrait de réduire les temps d’attente, d’avoir moins de formulaires à remplir (27%) et de réduire le nombre d’erreurs commises (20%).

Alors, la machine plus fiable que l’Homme ? Interrogés sur l’impact qu’auraient les robots et l’automatisation intelligente sur différents secteurs, les Français se montrent encore partagés en ce qui concerne la potentielle plus-value apportée. Pour le secteur automobile, 34% pensent que les voitures autonomes rendront les routes plus sûres alors que 39% craignent que le manque de flexibilité finira par frustrer les automobilistes et n’améliorera pas la sécurité routière. Avec franchise, 28,5% d’entre-eux déclarent d’ailleurs qu’ils se sentiraient eux-mêmes frustrés de devoir conduire une voiture qui suivrait le code de la route sans pouvoir y déroger.

Presque 50% des Français souhaitent un diagnostic médical augmenté

En ce qui concerne le service client, 89% pensent qu’ils obtiendront un meilleur service en ayant affaire à un être humain. Ils admettent cependant que la machine intelligente est plus efficace que l’homme dans certaines situations telle que l’achat de produit ou de service en ligne (18%) ou encore dans les centres d’appel (15%). Dans la santé, l’alliance du smart et de l’Homme semble séduire déjà, puisque 40% des Français estiment que l’IA permettrait d’obtenir un diagnostic plus fiable. Près de 29% confient qu’ils feraient confiance à ce diagnostic, tout en souhaitant sa confirmation par un médecin a posteriori.

« Alors que l’IoT est perçu par beaucoup comme un concept nébuleux et futuriste, en réalité il existe déjà : nous portons des bracelets connectés, des montres intelligentes et conduisons des voitures avec des capteurs intégrés. Grâce à l’IoT, beaucoup de nos appareils de tous les jours auront bientôt la possibilité de s’auto-surveiller et de communiquer avec un réseau », rappelle OpenText dans son étude. Le futur est déjà notre présent. Entre le robot destiné à la recherche scientifique, le robot chirurgien et le robot humanoïde, la révolution robotique est également en marche et investit tous les secteurs d’activité.

Vers l’empathie artificielle ?

« Avec l’avènement des chatbots en 2016 confirmé par le CES 2017, les professionnels de la communication et du marketing le savent : désormais, l’IA n’est plus un domaine de fiction, et s’annonce comme la priorité sur les prochaines années « , analysaient Stéphane Mallard et Marie Dollé dans INfluencia, en janvier dernier « Dans un premier temps, tous les professionnels de la communication vont être « augmentés ». L’IA est, en effet, déjà capable d’écrire des romans, des scénarios de court-métrage et des articles de presse « . Elle compose même maintenant sa propre musique orchestrale après s’être prise pour le Pape avec BETC et IBM en octobre 2016.

Les évolutions récentes montrent que les systèmes de neurones sont désormais capables de capter et traiter les émotions des humains, tout en étant dotés eux-mêmes d’une certaine sensibilité. Un phénomène que décrit bien le psychiatre et psychanalyste français, Serge Tisseron, dans son livre « Le jour où mon robot m’aimera » (Albin Michel, 2015), sous-titré très justement « Vers l’empathie artificielle ». Comme l’expliquait dans INfluencia en décembre dernier le bureau de tendances et prospective, Vitamin, la chercheuse au CNRS, Laurence Devillers estime que le fait de prêter des caractéristiques humaines aux machines peut amener certains humains à développer une empathie trop grande à l’égard de ces robots « sensibles ». Et ainsi se mettre en danger pour les protéger ou bien se laisser manipuler par ces derniers.

Auteur : Benjamin ADLER pour INfluencia

Vignette de l’article : Crédits photo – Timo Boll vs. KUKA robot

Pertinence et intérêt de l’article selon designer.s !

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