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** Lisa White : «Ne pas mettre le design sur un piédestal»

Analyseur de tendances, la commissaire de la Biennale internationale de Saint-Étienne veut démontrer que le design crée des connexions entre les gens. Rencontre avec une femme ancrée dans le partage.

 

D’où venez-vous Lisa White ?

« Je suis née dans le Colorado aux États-Unis, mon père était militaire et nous avons beaucoup déménagé. J’ai fait mes études de sciences politiques à Washington et je suis arrivée en France il y a tre [?] ans. Je vis entre Paris et Londres. »

 

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Comment êtes-vous venue au design ?

« À mon arrivée en France, j’ai postulé dans un bureau de style pour un poste administratif, mais, très vite, le côté artistique qui était en moi a émergé. Tout ce que j’avais appris dans le social et la politique m’ont aidée à comprendre les choses. J’ai commencé par observer les comportements des consommateurs, à identifier les évolutions, les innovations, les concepts. J’ai exprimé les tendances du moment au sein du cabinet d’analyse Trend Union de Lidewij Edelkoort à Paris. J’ai ensuite édité trois magazines : View on Color, INview et Bloom. Aujourd’hui, je suis en charge du département Lifestyle & Interiors/Vision de WGSN, bureau international de tendances et de veille. »

« J’ai souhaité que cette biennale ne soit pas seulement faite pour les intellectuels »

Comment avez-vous découvert Saint-Étienne ?

« Je viens depuis plusieurs années en tant que visiteur à la Biennale. Parce qu’on y voit des choses qu’on ne voit pas ailleurs et il y a une dimension internationale qui m’a toujours beaucoup intéressée. »

Comment avez-vous été choisie pour ce poste clé de commissaire général ?

« Olivier Peyricot, directeur du pôle recherche de la Cité du design, a réuni plusieurs personnes en nous lançant une piste de réflexion : “si vous faisiez la prochaine biennale, vous y feriez quoi ?”. C’était une recherche de point de vue et ce que j’ai proposé a plu. »

Comment avez-vous choisi ce thème : « Me you nous. Créons un terrain d’entente » ?

« Je suis restée dans les tendances de mon métier. J’avais commencé de travailler, pour WSGN sur le printemps été 2019 en 2016. On sentait alors une division de la société, j’ai eu une intuition. Pourquoi les designers n’essaieraient-ils pas de reconstruire la maille, de créer des liens entre les gens ? C’est à partir de là que l’idée du terrain d’entente est née. On a eu envie d’inviter les gens sur le terrain et pas seulement celui du football, de les faire se rencontrer autour de la table. J’ai souhaité que cette biennale ne soit pas seulement faite pour les intellectuels, qu’elle parle à tout le monde que l’on puisse multiplier les points de vue, trouver des solutions ensemble. C’était aussi intéressant de pouvoir créer des liens avec la Chine qui est le pays invité, un pays qui s’ouvre économiquement, politiquement. »

Vous avez souhaité rendre cette biennale très accessible est-ce un exercice facile ?

« Il faut que les gens se sentent à l’aise. Le design ce n’est pas quelque chose que l’on met sur un piédestal. Le design change nos vies tous les jours, il a un rôle à jouer même dans les problèmes d’environnement. Il peut aider à résoudre les problèmes de la pollution, celui du plastique par exemple. On va présenter, à la biennale, des brosses à dents en bambou. Je souhaite que cet événement soit dans le partage, on ne va pas avancer tout seul ».

On voit ici, pendant la biennale, des choses qu’on ne voit pas ailleurs. Lisa White, commissaire d’exposition principale de la biennale 2019

 

Dix couleurs pour la biennale

« Un terrain, c’est aussi une palette ». Et sur cette palette, Lisa White a choisi dix couleurs pour véhiculer le thème de cette biennale. « Des couleurs flashy, d’autres plus terriennes des intra et des extraverties. Et surtout, le vert pour Saint-Étienne et le rouge pour la Chine ». Elle a pris le ruban comme fil conducteur : « il est fédérateur, il crée du lien et puis, à Saint-Étienne, la rubanerie, c’est important ». Tissés par l’entreprise Neyret ces rubans ont été utilisés pour la réalisation de la Passerelle de l’Inclusion présentée lors du lancement de la biennale à Londres. Cette passerelle est installée place du Palais Royal à Paris et des bracelets rubans Me/You/Nous sont distribués depuis le 14 février et encore pendant deux jours. « L’idée est de nouer ces rubans au poignet de gens qu’on aime (Saint-Valentin oblige) ou à celui d’autres qu’on ne connaît pas. »

 

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Vignette de l’article : « On a eu envie d’inviter les gens sur le terrain et pas seulement celui du football. » Lisa White, commissaire générale de la Biennale internationale design Saint-Étienne. Photo Pierre GRASSET

 

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Pertinence et intérêt de l’article selon designer.s :

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(i) . Informatif