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Pour le designer Karim Rashid, le design doit « revenir à la fonction des choses » [Extrait]

Créateur iconoclaste et prolifique, dont certaines œuvres sont exposées dans des musées, le designer canado-américain Karim Rashid estime que la plupart des objets de notre quotidien ne sont pas adaptés au monde qui nous entoure.

De passage à Rome pour juger les travaux des étudiants de l’Université des Beaux-Arts (RUFA), l’artiste, amateur assumé de la couleur rose, leur a conseillé « de revenir à la fonction des choses », une notion oubliée qui est l’essence même du design, a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP.

Pourquoi êtes-vous devenu designer ?

Nous habitions à Rome avec mes parents quand j’avais deux ans. Mon père dessinait des plateaux de cinéma à Cinecitta. Puis nous sommes partis à Paris, puis en Angleterre.
Mon père était aussi un artiste, un peintre. Mais il ne s’arrêtait pas là. Le soir, il dessinait et fabriquait aussi des meubles pour la maison parce qu’il gagnait peu d’argent. Un jour, il s’est mis à faire des croquis pour ma mère, à dessiner une robe. Il a acheté le tissu, il l’a découpé puis cousu. Le soir, ils sont allés à une soirée et ma mère portait la robe qu’il avait faite. Imaginez, vous avez cinq ans et vous voyez tout cela… Forcément vous devenez designer.

Quelle est, selon vous, la chose la plus importante à apprendre pour un jeune designer ?

Je vais vous faire une réponse très banale : la fonction des choses.
On a oublié la fonctionnalité de nos jours, et je ne sais pas pourquoi. Le monde est un gâchis, il ne fonctionne pas. Lorsque je vais dans un hôtel, c’est souvent un désastre en matière de fonctionnalité : l’endroit où est placée la salle de bain, l’éclairage, la façon dont la lumière entre par les fenêtres. En 1967, Citroën avait créé un voiture dont les sièges tournaient sur eux-mêmes, c’était tellement pratique. Aujourd’hui, ma mère qui a 85 ans a du mal à entrer ou sortir d’une voiture. Personne ne crée un monde pour nous. C’est le même problème pour le design qui est dirigé par le style, la superficialité, c’est devenu une forme d’expression personnelle. Or, nous ne dessinons pas pour nous mais pour des millions de gens, cela ne peut pas être un travail personnel.

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Source : http://www.leparisien.fr/

Vignette de l’article : Le designer Karim Rashid, le 18 novembre 2016 à Rome (AFP/Andreas SOLARO)

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