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Pourquoi l’APCI planche sur un nouveau label de design

Le 16 décembre, l’APCI va dévoiler les 137 réalisations ayant reçu le Label de l’Observeur du design en 2016 et décerné ses Etoiles. Nouveauté de cette 18e édition de l’Observeur du design : l’exposition ne présentera physiquement que les 30 étoilés et sera itinérante. Surtout, en coulisses, l’association travaille sur un nouveau label de design. Anne-Marie Boutin, présidente de l’APCI, nous explique pourquoi.

Malgré des problèmes de financement, il y aura bien une 18e édition de l’Observeur du design, le prix national du design organisé par l’Agence de la promotion de la création industrielle (APCI). Et le 16 décembre, au Docks – Cité de la Mode et du Design, 30 des 137 réalisations ayant reçu le Label de l’Observeur du design, se verront décerner la très convoitée Etoile. L’exposition Observeur du design, elle, ne présentera pas comme les années passées toutes les réalisations labélisés à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Elle sera itinérante et n’exposera physiquement que les étoilés, les autres labellisés n’étant présentés qu’en vidéo. L’exposition sera visible à paris, à la Galerie du VIA, jusqu’au 24 janvier 2017 et du 9 mars au 9 avril durant de la Biennale du design de Saint-Etienne. « Elle passera aussi peut-être par le Hub de Bpifrance et dans le hall de Bercy », espère Anne-Marie Boutin, président de l’APCI.

Une demande du ministère de la Culture

Car l’Observeur du design se veut un outil de promotion du design, pas seulement pour le grand public, mais aussi à l’international et… pour les entreprises. Car en France, ces dernières manquent cruellement de culture design, la discipline n’étant encore souvent considérée que comme un « art décoratif ». Et très rares sont les organisations, publiques ou privées, qui en font une stratégie. De plus, force est de constater que le label de l’Observeur du design, pas plus que son concurrent privé Janus décerné par l’Institut Français du design, l’initiative designers en résidence dans les pôles ou l’audit Design de Bpifrance, n’ont réussi à changer la donne. D’où l’idée du ministère de la Culture, qui finance désormais en partie l’APCI au côté du ministère de l’Industrie, de créer un label « haute qualité de design », promouvant non pas une réalisation de design, mais une stratégie globale basée sur le design.

Un outil d’autoévaluation en test

« Il ne s’agit pas juste de créer un label de plus, prévient Anne-Marie Boutin. L’important est dans la démarche pédagogique et de promotion de l’intérêt de placer le design au cœur d’une politique globale d’innovation, portant autant sur les produits et services que sur l’organisation et les process, dans les entreprises mais aussi dans les structures publiques. » Comment décrocher ce nouveau label « HQD » ? Le processus n’est pas encore défini, mais l’APCI teste un outil en ligne d’autoévaluation, pour définir ce qu’une organisation fait en matières design, comment elle le fait, à quel niveau… En fonction du diagnostic, l’outil proposera des points à améliorer, donnera des exemples concrets de bonnes pratiques et renverra vers d’autres outils où ressources de design (écoles, centres de design…) pour aller plus loin. « Mais pas question de se substituer aux structures privées dont c’est le métier, rassure la présidente de l’APCI. Il s’agit plutôt de fédérer des partenaires, comme ADC (Association Design Communication), la Cité du design ou la 27E région, dans le projet ».

Le dispositif de labellisation reste à définir

Le reste du processus de labellisation est encore à écrire. Le modèle économique du label aussi. Quels critères seront retenus pour obtenir le label ? Quelle structure le remettra ? Qui siègera au comité de labellisation ? Qui auditera les entreprises ? Autant de points qui restent à définir. Mais assez vite. Le dispositif doit être prêt à la fin de 2017. Restera ensuite à motiver les candidats au label. Et là, c’est une autre histoire. Car si l’on voit l’intérêt pour des entreprises de décrocher un label « Fabriqué en France » ou « Haute Qualité Environnemental », que faire d’un label valorisant une stratégie d’innovation par le design ? « Il est vrai qu’en France, les entreprises n’utilisent pas leurs Etoiles ou Janus. C’est n’est que lorsqu’elles vont à l’étranger qu’elles en voient l’intérêt, observent Anne-Marie Boutin. L’idée du label est de valoriser les entreprises championnes de l’innovation par le design. » Certes, mais individuellement, comment une entreprise pourrait-elle utiliser, même à l’international, un label qui certifie qu’elle a fait du design une stratégie d’entreprise ? Cela reste aussi à expliquer.

Auteure : AURÉLIE BARBAUX pour http://www.industrie-techno.com/