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Séminaire | Datalogie : penser, représenter & interpréter les données

Mardi 13 octobre 2015 à Reims | Penser, représenter & interpréter les données : enjeux esthétiques, éthiques et sociopolitiques. Qu’est-ce qu’une donnée ? Comment est-elle créée ? Par quels processus de « transformation » (Neurath & Kinross, 2013) devient-elle une information ? Quels principes de design y contribuent ?

La représentation graphique des données avant leur analyse permet de révéler un potentiel ou une valeur cachée dans leur masse uniforme. Il faut pour cela grapher les données sans les altérer. C’est là qu’intervient le designer, cherchant à représenter les contenus de la façon la plus neutre possible tout en maintenant leur « intégrité » (Tufte, 2001). Aussi les données et leurs traitements se situent au cœur d’enjeux sociétaux que nous espérons révéler en organisant cette rencontre hybride entre chercheurs, designers, développeurs, data-journalistes et artistes. La « datalogie » se présente alors comme un nouveau territoire d’exploration, tant sur le plan social que technologique, et ouvre un espace de représentations mentales et visuelles qui reste à façonner. Il s’agit donc de mieux comprendre la nature de ces « faits donnés » (Littré) que notre société produit massivement à l’ère numérique, qui s’invitent dans un nombre croissant de processus de décision, et dont chacun peut sentir la présence ubiquitaire et les effets à l’échelle de sa propre vie.

La technique au regard de la société

Depuis 2011, le département de Design graphique et numérique de l’ESAD de Reims et l’équipe de recherche « Ethique, Techno-logies, Organisations, Société » (ETOS) de Télécom Ecole de Management (Business School de l’Institut Mines-Télécom) développent le séminaire conjoint Formes, Technologies, Société.

Design et quête de sens.

Ce séminaire s’attache à mener des investigations relatives au fait technologique en partant de l’hypothèse que les techniques sont toujours liées à des contextes symboliques et discursifs spécifiques. Aucun développement technologique n’est indépendant d’un imaginaire social qui le porte. La technique est, tout autant que le langage, un élément instituant du monde humain. Le rapport d’une société à sa technique ne peut donc pas être envisagé sous l’angle de la neutralité.

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La data visualisation

Par quels enjeux spécifiques, méthodes et outils la data visualisation est-elle portée ? Quelles nouvelles relations se tissent entre designers et producteurs de contenus ? Quelles évolutions de nos – bonnes – pratiques peut-on identifier ? En outre, si les datas sont le fruit de notre usage des technologies digitales, procèdent-elles d’un « modèle du langage »1 qu’il nous appartient de comprendre et d’interpréter dans toutes ses dimensions culturelles ? Quel monde ces formes nous donnent-elles à voir ? La data visualisation, forme de publication de plus en plus répandue, s’avère donc un objet d’interrogation particulièrement pertinent dans la réflexion sur les mondes à venir.

1. « Les “immatériaux” désignent non pas simplement ce qui est immatériel mais, de façon ouverte, […], un matériau où “le modèle du langage supplante celui de la matière” et dont le principe “n’est plus une substance stable mais un ensemble d’interactions” ». Jean-François Lyotard, Exposition Les immatériaux, Centre Pompidou, 1985.

ORGANISATION

Rencontres co-organisées par l’ESAD de Reims, l’équipe de recherche ETOS de Télécom Ecole de Management et le LASCO – Monde Contemporain de l’Institut Mines-Télécom, dans le cadre du programme de recherche Formes, Technologies, Société, avec le soutien de la Région Champagne- Ardenne et du Ministère de la Culture et de la Communication. Sous la direction scientifique de :

Olaf Avenati, Designer graphique et numérique, enseignant à l’ESAD de Reims. et cofondateur du séminaire Formes, Technologies, Société .

Pierre-Antoine Chardel, Professeur de philosophie sociale et d’éthique, responsable de l’équipe «Ethique, Technologies, Organisations, Société» (ETOS) à Télécom Ecole de Management, co-fondateur de la chaire de recherche «Valeurs et politiques des informations personnelles» de l’Institut Mines-Télécom.

Emeline Eudes, Docteur en esthétique, sciences et technologies des arts, responsable de la recherche à l’ESAD de Reims.

Flore Garcin-Marrou, Docteure de l’Université Paris-Sorbonne.

Etienne Hervy, Directeur du Centre international du graphisme de Chaumont.

Olivier Segard, Directeur du département «Management, Marketing et Stratégie» à Télécom Ecole de Management et membre de la chaire Big Data and Market Insights de Télécom ParisTech.

COMMUNICATIONS

MATINEE 9h-13h.

Jean-Paul Karsenty, Big data (mégadonnées), une introduction. Membre du Cetcopra (Centre d’études des techniques, des connaissances et des pratiques, Université Paris 1) et ingénieur de recherche au CNRS.

Depuis plus de 20 ans et au sein de nombreuses instances publiques et parapubliques, il oriente ses réflexions sur la tension entre technosciences (inscrites dans le développement rapide de sciences et de techniques performatives) et « technomarché » (dont la dynamique de financiarisation globale menace la diversité tant de l’Innovation que la Recherche).

Robin Kinross

Isotype : the politics of information graphics Typographe de renom, auteur et éditeur chez Hyphen Press (Londres). Son ouvrage Modern Typography constitue un jalon dans l’histoire du graphisme et de la typographie modernes, en apportant un véritable renouveau dans l’approche visuelle et sémantique du texte, de l’image et de la quantification. En s’intéressant à Isotype (Interna-tional System Of Typographic Picture Education), il démontre avant l’heure le rôle primordial du design graphique dans la visualisation et la communication de données complexes et multiples. .

François Trahay, Datavisualisation pour le Big Data représentation de traces d’exécution d’applications parallèles. Maître de Conférences à Télécom SudParis au sein du département informatique depuis 2011. Il est spécialiste du Calcul Hautes Performances et ses recherches le conduisent à concevoir des outils permettant d’analyser les performances d’applications parallèles.

Avec Eve-Lise Kern et Kevin ZaninExemples de datavisualisation des données de François Trahay, chercheur en computer sciences Étudiants de l’ESAD de Reims.

APRES-MIDI 14h30-18h.

Sabine Blanc, Comment les rédactions françaises se sont emparées du datajournalisme.

Datajournaliste, elle a travaillé durant 3 ans pour Owni.fr, média spécialisé sur la numérique et pionnier du datajournalisme en France. Elle travaille maintenant à La Gazette des communes, principal média professionnel à l’attention des collectivités territoriales, où elle continue de traiter les sujets numériques, sur la forme et le fond.

Vivien Lloveria

Récit de données ou données en récit ? Datas et narrativité, Maître de Conférences en sciences du langage, de l’information et de la communication à l’Université de Limoges et co-directeur de la Licence professionnelle Webdesign sensoriel et stratégie de création en ligne.

Il mène ses recherches au CeReS en sémiotique et linguistique cognitives dans le domaine du webdesign, du design d’information et de la communication numérique.

Christophe Bruno, Le Dadamètr.

La pratique artistique de Christophe Bruno traverse de nombreux médiums (œuvres Internet, installations, performances, dessins, sculpture…). Son travail propose une réflexion critique sur les phénomènes de réseau et de globalisation dans les champs du langage et de l’image. Primé au Festival Ars Electronica en 2003 pour le Google Adwords Happening, une performance globale sur le «capitalisme sémantique», et au Share Festival à Turin pour Human Browser. Il enseigne à l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon où il fait partie du laboratoire P.A.M.A.L. (Preservation and Art Media Archaeology Lab).

Mathilde Fiant, Face .

Pour son diplôme à l’ESAD, elle a créé Face B, un dispositif d’écoute imaginé et prototypé avec le logiciel Processing. Un morceau de musique génère des formes et les agence selon des paramètres précis afin de composer une image qui représente l’intégralité de la piste

ESAD – École Supérieure d’Art et de Design de Reims 12, rue Libergier, 51100 Reims

Renseignements et réservations : Tél : 03 26 89 42 70 – contact@esad-reims.fr et http://esadlabs-reims.org/seminairefts/programme-2015/

Entrée : 10 € (gratuit pour les étudiants et enseignants des Ecoles Supérieures d’art, ainsi que pour les étudiants, enseignants et chercheurs de l’Institut Mines-Télécom et de l’Université de Champagne)

Remerciements : Conservatoire à Rayonnement Régional de Reims

Author : ESAD Reims

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